LA PAGE TECHNIQUE
Philippe Bachelier poursuit une recherche permanente sur les techniques photographiques noir et blanc, non pas pour elles-mêmes, mais pour ce qu'elles permettent de faire.
Son livre "Noir et Blanc de la prise de vue au tirage" (Editions VM) fait aujourd'hui référence en la matière.


Sur cette page, il vous fait profiter de son expérience.
Tirage de référence
Offrez-vous un tirage baryté pour améliorer la qualité de vos propres tirages.

Les révélateurs films
Un révélateur standard : un choix sûr de qualité
Le développement à bain perdu
L'agitation
Qu'est-ce qu'un bon négatif ?

Et bientot sur cette page :

Les révélateurs papier

Développer les plans films

Tirages de référence
Apprendre à bien tirer demande du temps, bien que les opérations de base soient relativement aisées. Déterminer le bon temps de pose et un contraste satisfaisant se fait rapidement. En revanche, il s'avère plus difficile de restituer une image harmonieuse et équilibrée : il faudra foncer tel endroit, éclaircir tel autre. Posséder dans son laboratoire une ou deux photographies bien tirées constitue une référence, même si le sujet de l'image que l'on agrandit est différent : on est incité d'atteindre une qualité similaire. Pour cela, nous vous proposons deux tirages de référence à un prix attractif, réalisés par Philippe Bachelier sur du papier baryté.

Tirage de référence TR2 : Ile Saint-Louis, Paris (tirage expliqué dans Noir & Blanc, de la prise de vue au tirage (Editions VM).

prix du tirage : 30 €

Tirage de référence TR1 : Oduoha, Nigéria (tirage expliqué dans Noir & Blanc, de la prise de vue au tirage (Editions VM).

prix du tirage : 30 €

- Format du tirage : 24 x 30 cm
- Format de l'image : environ 16 x 24 cm
- Prix par tirage : 30 € + frais d'envoi pour la France : 7 € (Colissimo). Autres pays, nous consulter.

Si vous êtes intéressé, contactez-nous par e-mail : contact@philippebachelier.com
Vente également sur place au 6 bis rue des Récollets 75010 Paris.

(La propriété d'un tirage n'autorise que son usage à titre privé.)
Les révélateurs films

Il n'existe pas de formule de révélateur magique, qui compenserait automatiquement les erreurs d'exposition et de développement. En revanche, en développant vous-mêmes vos films, avec un peu d'attention, vous pouvez obtenir d'excellents résultats.

Un révélateur standard : un choix sûr de qualité

Utilisez un révélateur standard comme le Kodak D-76 ou l'Ilford ID-11, du Kodak Xtol ou du Tetenal Ultrafin : vos négatifs seront assurés d'un bon traitement. Pour ceux qui recherchent un révélateur très compensateur, notamment en cas de scènes fortement contrastées, le PMK commercialisé par Bergger est une solution très intéressante : il contient du pyrogallol, un développateur très ancien et toujours aussi efficace.

Le révélateur doit être préparé avec de l'eau chimiquement neutre, ni acide, ni basique, dont le pH est d'environ 7. L'eau du robinet convient parfaitement. L'eau ne doit pas comporter de matière en suspension (particules de rouille ou de calcaire), qui pourraient endommager la surface du film. Dans le cas contraire, équipez votre arrivée d'eau avec un filtre anti-impuretés.

La dureté de l'eau est aussi un facteur à ne pas négliger. Il arrive que des révélateurs en poudre dilués dans de l'eau trop calcaire crée un phénomène de précipitation : la solution prend un aspect laiteux. Les fabricants préparent leurs formules de façon à éviter ce risque. En cas de mauvaise dissolution, employez de l'eau déminéralisée ou distillée.

Le développement à bain perdu

Développez à bain perdu. Cela consiste à diluer une partie de révélateur (concentré ou solution de réserve) avec de l'eau et de la jeter après usage. Ainsi, vous n'aurez pas à vous préoccuper de la capacité de traitement du révélateur. Un grand classique est l'emploi du D-76 ou de l'ID-11 en dilution 1+1 (une partie de solution de réserve ajoutée à une partie d'eau). Cette méthode a l'avantage d'être économique, de procurer des négatifs avec une définition accrue et des hautes lumières détaillées. Le Xtol gagnera aussi à être dilué 1+1 (ce révélateur fonctionne très bien avec les films T-Max).

Développez entre 18°C et 24°C. Le mieux est de se caler à 20°C. Si vous vivez dans des régions assez chaudes, adoptez plutôt une température de 24° C. Evitez les temps de développement inférieurs à 5 minutes, qui risqueraient un développement irrégulier du film. Les temps de développement recommandés par le fabricant permettent d'obtenir un bon négatif. Mais vous serez amené à modifier le temps de développement si vos négatifs apparaissent systématiquement trop ou pas assez contrastés. Souvenez-vous qu'une prolongation du développement augmente le contraste du négatif et qu'une diminution l'atténue. Le plus souvent, une modification du temps de développement de ± 20% permet une bonne correction du contraste du négatif.

Voici des sites où vous pourrez vous procurez les documentations techniques des révélateurs, hélas en anglais (à notre connaissance, les versions françaises n'existent pas encore ) :

Kodak Xtol : http://www.kodak.com/global/en/professional/support/techPubs/j109/j109.shtml#tables1

Kodak D-76 : http://www.kodak.com/global/en/professional/support/techPubs/j78/j78.shtml

Révélateurs Ilford : http://www.ilford.com/html/us_english/bw_chart.html#tempconv

Révélateurs Agfa : http://www.agfaphoto.com/library/datasheet/chemicals/index.html

Compilation de quasiment tous les temps de développement pour tous les films du marché : http://www.digitaltruth.com (puis sélectionner The Massive Dev Chart)

L'agitation

L'agitation permet de renouveler le révélateur sur la surface du film et maintient son activité développatrice. Une agitation continue accélère le développement du négatif, mais peut aussi provoquer des irrégularités de traitement. À l'inverse, une agitation très faible conduirait à un sous-développement mais aussi à un traitement irrégulier. En général, vous effectuerez une agitation intermittente. A notre avis, sur le principe d'une agitation continue, seuls les processeurs Jobo offrent un développement parfaitement uniforme. Notez qu'une agitation intermittente favorise une meilleure netteté des contours qu'une agitation continue.

Agfa préconise d'agiter continuellement la cuve pendant la première minute puis d'effectuer un retournement toutes les 30 secondes.

Ilford recommande une agitation pendant les 15 premières secondes puis 10 secondes (ou quatre retournements) toutes les minutes.

Kodak conseille d'opérer par cycles de 5 à 7 retournements (effectués en 5 secondes) répétés toutes les 30 secondes.

Adoptez une des trois séquences en fonction de la marque de votre révélateur et n'en changez pas : vous risquez d'obtenir des résultats irréguliers.

Respectez la durée maximale de la conservation de tous les produits que vous employez, surtout pour un révélateur. Les fabricants signalent toujours la durée de vie de chaque solution sur leur mode d'emploi.

La raison principale du vieillissement prématuré d'un produit, et particulièrement le révélateur, est son oxydation au contact de l'air et de la lumière. Pour éviter cela, employez des bouteilles souples de type "accordéon" en matière synthétique, dont le volume est variable et que vous pourrez toujours remplir à ras bord; ou fractionnez dans des flacons de faible ou moyenne contenance les différentes solutions de réserve, que ce soit pour le révélateur ou le fixateur. Les flacons de laboratoire en verre ambré sont parfaits pour conserver les solutions de réserve de révélateur.

Qu'est-ce qu'un bon négatif ?

Le seul critère utile pour juger de la qualité technique d'un négatif est sa capacité à produire sans trop de difficultés un tirage harmonieux. Il n'y a pas de négatif idéal mais des négatifs appropriés. A priori, il est préférable de caler ses temps de développement pour générer des négatifs capables d'être tirés sur un grade 2. Ainsi, on aura toujours la souplesse de choisir un grade 1 ou 3 en cas négatif un peu dur ou un peu doux.

Il se peut que les temps de développement recommandés par les fabricants donnent systématiquement des négatifs trop doux ou trop durs, qu'on ne peut tirer que sur des papiers peu ou très contrastés. Les indications du fabricant ne sont pas un absolu mais les résultats de leurs recherches avec un matériel qui peut être différent du nôtre. Cela dit, leurs recommandations sont un très bon point de départ.

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